Lignes à l’Est

Sous les lignes, le dépaysement. Ces fils étendus au dessus de nos têtes dans les villes de l’Est marquent une certaine rupture avec l’Europe occidentale. Les cités de l’ancien bloc soviétique n’ont jamais renoncé au tramway, comme l’ont fait les municipalités d’une grande majorité des agglomérations des pays de l’Ouest. Dans les grandes villes orientales, le tramway est même développé plus encore après la guerre, tandis qu’en Occident, on lui préfère l’autobus, comme à Paris. À posteriori, quel dommage de supprimer le tramway.

Ces lignes qui s’enchevêtrent dans le ciel ont, à mon sens, un charme désuet avec lequel l’autobus ne rivalisera jamais. Plus qu’une marque de fabrique du bloc Est, elles révèlent également, à échelle plus petite, la rupture entre Allemagne de l’Ouest et Allemagne de l’Est, et, à l’échelle la plus locale qui soit, entre Berlin-Est et Berlin-Ouest.

Pour avoir vécu de part et d’autre de l’ancien rideau de fer, je me souviens avoir été interloquée, au début, par toutes ces lignes qui s’entrecroisent dans le ciel dès que l’on met un pas dehors à l’Est. J’avoue même ne pas y avoir trouvé une once d’esthétisme les premiers temps. J’ai retrouvé cette même ambiance durant quelques voyages un peu plus à l’Est encore. Et avec le temps, j’ai appris à les aimer.

J’ai pris ces photos au fil du hasard de quelques séjours ou voyages entrepris au cours de ces dernières années. Elles ont été faites à Moscou, Tallinn, Berlin, Leipzig et Dresde. Les voici rassemblées, sans ordre particulier.

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